Le désir ou l’enfer de l’identique | Byung-Chul Han

J’ai découvert Byung-Chul Han en surfant chez Verso Books. Je me suis tourné vers la BAnQ et j’ai trouvé une traduction de l’allemand au français de Agonie des Eros.

Publiée en 2017, l’œuvre n’a rien perdu de sa pertinence. L’auteur est un fin observateur de l’air du temps. Il consomme la culture et la technologie contemporaine, la passe dans sa grille d’analyse philosophique, filtre le bruit et laisse passer le signal.

La technologie a tué le désir. Tout est disponible, tout le temps. Désirer quelqu’un, pour vrai, qui n’est pas au bout de son cell, ça peut faire mal. Plus personne n’est prêt à souffrir de désirer. On passe à un autre appel et la roue tourne dans le vide.

Aucune retenue, tout est offert au regard. Le marketing, le self-branding, la pornographie, sont juste différents degrés d’obscénité. Le contraire du désir véritable.

J’en retiens la dialectique hégélienne du maître et de l’esclave, qui une fois transposée au néolibéralisme actuel, à coup de slogan comme le Yes we can des stratèges d’Obama, nous a transformé en maîtres/esclaves qui s’autoflagellent pour faire croître le mirage du PIB.

Désirez moins, désirez mieux.


Christian Thibault