Après Le capital algorithmique, un ouvrage de plus qui me confronte aux théories de Marx.
Le deux premiers tiers du livre démontrent sans équivoque que le système est pourri. Pas de complot, c’est la nature même du capital, de s’accumuler où il se trouve. À chaque crise, l’élite en profite pour s’en mettre plein les poches. La bulle dot com de 2000 (tellement similaire à la South Sea Bubble), les produits dérivés toxiques de 2009, la repo crisis de 2019, la pandémie de 2020.
La droite en général et les néolibéraux en particulier répètent leur mantra moins d’interventionnisme… pour créer de la richesse, qu’ils disent. C’est FAUX. Le système capitaliste est intrinsèquement interventionniste. Pourquoi les taux d’intérêts ne sont pas dictés par la loi de l’offre et de la demande? Pourquoi les entreprises dépensent des fortunes en lobbying pour faire pencher le pouvoir de leur bord? Pourquoi les états mandatent le privé pour réaliser des projets stratégiques nécessaires au bon fonctionnement de la société?
Parce que le système capitaliste aliène les individus par le bas et vampirise la société par le haut. L’interventionnisme du pouvoir démocratiquement élu, seulement quand ça fait l’affaire du 1 %. C’est la recette de la CAQ : socialiser les risques et privatiser les profits.
If capitalism is not defined by the presence or absence of markets, but by the domination of society by capital, then socialism is not defined by the presence or absence of planning , but by the democratization of society.
— Grace Blakeley
Il faut rétablir le rapport de force entre le peuple et l’élite. Se syndiquer et revendiquer. Se rassembler en personne (lachez moi avec le hacktivism) et travailler au bien commun. Faire prospérer des organismes à but non lucratif et des coopératives. Arrêter d’acheter des bébelles, troquer et partager.
Grassroots c’est bien, mais ce ne sera pas assez. Il faudra aussi participer au processus démocratique et porter la voix du peuple à l’hôtel de ville, à l’assemblée nationale et à la chambre des communes.
Pour conclure sur une note positive :
We live in capitalism. Its power seems inescapable. So did the divine right of kings. Any human power can be resisted and changed by human beings.
— Ursula K. Le Guin