All Fours | Miranda July

Comme dans À quatre pattes.

Miranda July est une artiste totale, sa vie est un projet artistique. J’avais beaucoup aimé Me and You and Everyone We Know.

Ce livre était déjà dans ma liste, quand le palmarès 2025 de la BAnQ l’a placé dans les fictions non francophones les plus empruntées.

Passionnante lecture de quatre nuits. La frontière entre l’autrice et la narratrice m’a semblée ténue. Pleine de contradictions, plutôt classiste, mais si attachante.

Récit très contemporain west coast. Là où on mange bio en famille et malbouffe en cachette. Sujets intéressants : le mitan de la vie, le désir, les hormones, l’intégrité.

Choisir le bon cadeau, c’est trouver ce qui fera plaisir, mais qu’on n’aurait pas osé se procurer. Même chose avec ce roman. Jamais n’aurions nous pensé qu’elle irait jusque là, mais rendu là, c’est complètement jouissif.

Petit bémol, les pronoms à la troisième personne du pluriel en anglais pour une seule personne sonnent, à mon avis, aussi faux que Louis XIV qui s’exprimait à la première personne du pluriel. Mon amie lettrée de langue maternelle anglaise m’assure que c’est OK, que c’est du vieil anglais. Mais pour la majorité des terriens, la langue de Shakespeare est la seconde ou la troisième apprise. Ye olde they, pour nous, c’est pluriel pareil. Faites comme nous, inventez-vous un pronom fluide.

Une langue, c’est un outil pour transmettre des idées le plus clairement possible. En la rendant moins précise, ne fait-on pas le jeu de ceux qui veulent nous diviser pour mieux régner?

Qu’à cela ne tienne, lisez All Fours, de Miranda July.


Christian Thibault